Retour sur la première étape de la Mini Transat

Ulysse l’avait annoncé : il partait sur la Mini Transat pour faire une belle performance, un podium ou mieux si toutes les étoiles s’alignaient. Il savait aussi qu’en course au large tout est possible, rien n’est joué tant que la ligne d’arrivée n’était pas franchie, que la météo peut être dure. En revanche, il ne pensait pas qu’il se battrait pour rester dans le top 20 jusqu’à la fin de la course, un objectif bien différent du premier. 

Après un début de course plus que remarquable dans le golfe de Gascogne jusqu’au Cap Finisterre, où le skipper du Mini EQUANS joue avec le tête de la flotte, il prend le choix de rester proche de la côte portugaise. Une option payante au début, mais vue l’étendue de la dorsale, Ulysse et ses concurrents de l’est restent bloqué plusieurs heures, laissant passer le groupe de l’ouest. « C’est le jeu mais c’est dur de se retrouver impuissant », raconte le Concarnois à l’arrivée sur les pontons. Pour comprendre sa course et son quotidien, ses proches lui ont posé quelques questions : 

Qu’as-tu fait pour passer du podium à la 19ème place ? As-tu fais des erreurs stratégiques ?

Après le cap Finisterre où je suis premier, on entame la descente vers le long du Portugal avec beaucoup d’incertitude dans la météo. J’ai deux options : longer la côte du Portugal (qui était théoriquement la route avec le plus de vent), ou faire le « bord rapprochant » qui est l’orthodromie entre le cap Finisterre et l’île de Las Palmas.
Toute la flotte se fait rattraper par une dorsale, on se retrouve dans la pétole, une zone avec très peu de vent. Je me rapproche de la côte, en me disant que le vent va rentrer… Malheureusement, banco pour le groupe de l’ouest, le vent est arrive de leur côté. Ils sont avantagés par le vent, mais aussi parce qu’ils sont sur la route la plus direct. 

Qui aurait pu le prévoir ? Même derrière un ordinateur cela aurait été compliqué donc avec le peu de météo que l’on reçoit tout les jours difficile d’établir la route la plus rapide. Ces zones sans vent sont d’autant plus imprévisibles et instables… Du coup, je me bats avec le peu de vent qu’il y a… Malgré ce manque de vent, j’arrive à faire de belles trajectoires avec mon Mini. Quand je vois les autres derrières, je me dis que ça aurait pu être pire. On peut parler de malchance, de mauvaise décision… Là où j’étais, j’ai réussit à bien faire marcher mon bateau. Dans les alizés j’arrive à remonter, je passe de la 25ème à la 19ème place.  

Comment tu gères tout ce que tu as à faire ? 

C’est vrai qu’on ne s’ennuie pas. Les quatre premiers jours ont été très intenses, avec beaucoup de transitions et beaucoup de changement de voiles. Cela demande une certaine organisation de prendre le temps de manger, de bien se nourrir, bien boire, se brosser les dents.. Parfois, tu oublies presque de faire ses tâches du quotidien, t’es tellement pris dans le jeu du réglages du bateau et des voiles. Et par dessus tout cela le manque de sommeil vient te perturber. 

Un des sujets importants de cette première étape a été aussi de charger mes batteries, qui me permettent d’avoir un pilote automatique, et donc de dormir. Je les charge avec mes panneaux solaires mais avec des nuits longues et mes voiles qui les masquent à certain moment de la journée, il était compliqué d’avoir beaucoup d’autonomie. Ainsi, je ne pouvais pas dormir comme je voulais, je devais faire en sorte d’économiser mes batteries, et donc rester à la barre. C’était stressant. 

Comment tu gères ton sommeil ? 

La nuit, j’ai plus envie de dormir donc je faisais 2 voire 3 siestes de 20 ou 40 min, et la journée je me forçais à faire 2 siestes, souvent après manger ou dans l’après-midi. 

As-tu profité du paysage ? 

Je n’ai pas croisé beaucoup d’animaux marins, beaucoup de dauphins, un poisson volant et une tortue. J’ai adoré passer à coté des îles Selvagens, qui sont situées sur la route entre Las Palmas et le Cap Finisterre. Ce sont des îles d’une réserve naturelle qu’on est venu virer pas loin. Ce sont des îles très volcaniques, pas très hautes, mais avec des falaises assez abruptes.  

C’est quoi le programme pour la suite ? 

Se reposer de la course et visiter quelques magnifique iles des Canaries, Tenerife et La Gomera . Puis se sera le moment de me re-concentrer une semaine avant le départ pour la deuxième étape . 

Peux-tu encore gagner ? 

Le premier des Série a pris pas mal d’avance au classement général, je crois qu’on parle de 17h sur moi. La deuxième étape est très longue est souvent, on dit que la Transat se joue sur la deuxième étape, tout est donc à faire. Dans la course au large, on sait que tout peut arriver tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie.

Propos recueillis par Victorine HAMON

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